Au 1er février 2026, le rendement du Livret A tombe à 1,5 % net, contre 1,7 % jusqu’en janvier 2026 et 3 % début 2025. En moins d’un an, la rémunération a été divisée par deux. Pour un produit détenu par près de 56 millions de Français, l’impact est immédiat sur la gestion de trésorerie des ménages et sur les stratégies patrimoniales.
Le Livret A reste exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux, avec un plafond de 22 950 €. La question n’est plus celle de la sécurité, acquise, mais celle de son utilité réelle dans une stratégie d’épargne en 2026.
Taux du Livret A en février 2026 : chiffres et conséquences concrètes
Au 1er février 2026, le taux du Livret A et du LDDS est fixé à 1,5 % net. Le LEP passe à 2,5 % net. Le PEL ouvert en 2026 affiche 2 % brut, soit environ 1,4 % net après prélèvements.
L’effet est mesurable immédiatement sur les intérêts générés.
Pour un Livret A au plafond de 22 950 € :
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À 3 % : 688,50 € d’intérêts annuels
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À 1,5 % : 344,25 € d’intérêts annuels
La perte annuelle atteint 344 € par rapport à la période à 3 %. Pour un couple disposant de deux livrets au plafond, l’écart approche 700 € par an.
Sur des montants plus courants :
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10 000 € placés génèrent 150 € par an
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5 000 € génèrent 75 € par an
Le Livret A conserve sa fonction de réserve de liquidité. En revanche, il ne constitue plus un outil de valorisation patrimoniale.
Pourquoi le taux baisse en 2026 : mécanisme de calcul
Le taux du Livret A repose sur une formule officielle. Deux éléments sont pris en compte sur les six derniers mois :
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L’inflation moyenne hors tabac
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Les taux d’intérêt de court terme sur les marchés
La moyenne de ces indicateurs est calculée, puis arrondie au dixième le plus proche. Lorsque l’inflation ralentit et que les taux de marché reculent, le résultat mécanique est une baisse du rendement.
Entre 2022 et 2023, l’inflation élevée a soutenu le taux jusqu’à 3 %. En 2024 et 2025, l’inflation s’est repliée autour de 1 %, tandis que les taux interbancaires ont diminué. Le passage à 1,5 % en février 2026 découle directement de cette évolution.
La formule ne dépend pas d’une décision isolée mais d’un environnement économique plus modéré.
Livret A, LDDS, LEP, PEL : quel usage en 2026 ?
Le débat ne porte pas uniquement sur le taux. Chaque livret répond à un objectif précis.
Épargne de précaution : socle de sécurité
L’épargne de précaution doit répondre à trois critères :
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disponibilité immédiate
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absence de risque
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absence de fiscalité
La référence opérationnelle reste 3 à 6 mois de dépenses courantes.
Un foyer dépensant 2 000 € par mois devrait conserver entre 6 000 € et 12 000 € sur des supports liquides.
Dans ce cadre, le Livret A et le LDDS conservent leur pertinence, même à 1,5 %.
LEP : rendement supérieur sous conditions
Le LEP affiche 2,5 % net en février 2026. Il est réservé aux ménages respectant un plafond de revenu fiscal de référence. Pour les foyers éligibles, il devient prioritaire pour la réserve de sécurité grâce à une rémunération supérieure pour un niveau de risque identique.
PEL 2026 : visibilité mais rendement limité
Un PEL ouvert en 2026 offre 2 % brut. Son taux est garanti pendant toute la durée du plan. L’intérêt réside dans la stabilité du rendement et la préparation d’un apport immobilier.
Le prêt associé, estimé autour de 3,2 % à 3,5 %, ne constitue plus un avantage déterminant par rapport aux crédits classiques. Le PEL devient un outil de planification plutôt qu’un levier de performance.
Limites structurelles des livrets
Sur 10 à 20 ans, un taux proche de 1,5 % expose à une érosion progressive du pouvoir d’achat si l’inflation dépasse ce niveau. Le Livret A protège le capital nominal, pas la performance réelle.
Au-delà de 3 000 €, certains conseillers considèrent que le surplus immobilisé représente un coût d’opportunité, surtout en période de taux faibles.
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Que faire si le Livret A baisse encore ?
La stratégie dépend de l’horizon de placement.
Pour un projet à court terme ou une incertitude financière, la priorité reste la liquidité. Le Livret A joue alors pleinement son rôle.
Pour une épargne destinée à 5, 10 ou 20 ans, la situation change. L’argent conservé par habitude sur un livret peut être redéployé vers des supports adaptés au moyen ou long terme.
Assurance-vie et ETF : diversification raisonnée
L’assurance-vie permet d’investir sur :
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des fonds euros à capital garanti
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des unités de compte diversifiées
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des ETF avec des frais maîtrisés
Après huit ans, la fiscalité devient plus favorable. L’enveloppe offre une souplesse de retraits et une diversification progressive.
Exemple pédagogique de répartition
Un couple disposant de 30 000 € d’épargne et 2 500 € de dépenses mensuelles pourrait :
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conserver 12 000 € sur Livret A/LDDS/LEP
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investir 18 000 € en assurance-vie en gestion pilotée
La première poche sécurise les imprévus. La seconde vise la progression du capital sur plusieurs années.
Faut-il fermer son Livret A en 2026 ?
Fermer un Livret A n’apporte aucun avantage particulier. Le produit reste :
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exonéré d’impôt
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disponible immédiatement
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garanti en capital
La question n’est pas la fermeture, mais le dimensionnement du montant conservé.
Le Livret A devient un outil de trésorerie stratégique, non un moteur de croissance patrimoniale. En février 2026, le rendement à 1,5 % confirme cette évolution. La gestion optimale repose désormais sur une articulation claire entre liquidité, sécurité et placements de long terme.
